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Dernière ligne droite!!

Depuis mon retour, j’y songe… Le dernier article du blog!

Mon voyage autour du monde s’est achevé. Et dans le même temps, mon blog, lui, est resté figé quelque part en Bolivie. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir vécu de nouvelles péripéties depuis!

Peut-être qu’inconsciemment, reporter la rédaction de cette dernière ligne droite était une manière de repousser l’inéluctable fin de mon aventure…

Mais je me sens désormais prêt à écrire l’ultime page de cette équipée qui aura duré une année pleine ! Pleine de découvertes ! Pleine de rencontres ! Pleine de partages ! PLEINE !

Ainsi donc, au sortir de la Bolivie, place au Pérou!

Carte Pérou-Bolivie

Carte Pérou-Bolivie

La frontière séparant ces deux pays franchie, et alors que mon bus longe les rives du lac Titicaca, situé à plus de 3800 mètres d’altitude, la première étape de mon séjour en terres péruviennes me mène à Cuzco, la capitale de l’Empire Inca.

Outre la visite de cette ville, riche historiquement et culturellement, je mets ces quelques jours pour organiser mon expédition qui me mènera jusqu’au Machu Picchu.

Cuzco, aussi appelée "La Rome des Andes"

Cuzco, aussi appelée « La Rome des Andes »

Sur la route depuis maintenant plus de dix mois, et comme j’avais pu le ressentir précédemment, une certaine fatigue me taraude. Si je n’ai pas de doute quant à ma capacité à crapahuter, j’envisage par contre plus difficilement de devoir porter ma tente, ma nourriture,… Je décide donc de privilégier une des expéditions « clés en mains » proposées par les agences locales.

Déterminé à profiter pleinement du cadre naturel qu’offre cette région du monde, je fais le choix d’intégrer une randonnée qui part cinq jours avec, en point d’orgue, la visite de la célèbre citée perdue !

Soulagé du gros de mon équipement par des chevaux, assisté par trois péruviens en charge de la cuisine et de l’installation des tentes, accompagné par treize autres touristes et guidé par deux autochtones, l’épopée s’annonce inoubliable.
Et elle le sera !
Avec, dans un premier temps, le second jour pour être précis, une ascension qui nous mènera à près de 4700 mètres d’altitude.

Bonjour Mont Blanc!

Bonjour Mont Blanc!

Le clou du spectacle étant, bien entendu, le Machu Picchu, cette imposante cité, découverte au début du XXème siècle, symbole de la culture inca et témoignage du savoir-faire de cette civilisation, pourtant rapidement dominée et asservie par les conquistadors espagnols, au XVIème siècle.

Et c’est ainsi qu’après être parvenu à l’entrée de cet ensemble architectural, qui dépasse l’entendement, je me laissais aspirer par l’atmosphère de ce qui est considéré comme une des sept merveilles du monde moderne ; le brouillard matinal ne faisant que renforcer le côté «mystique » du site…

Esprit, es-tu là?

Esprit, es-tu là?

Plus tard, dans la matinée, les brumes envolées, s’offre alors un somptueux panorama sur ce lieu, situé à plus de 2500 mètres d’altitude, et… jamais découvert par les espagnols.

Vue traditionnelle (avec derrière les ruines, le pic dénommé « Wayna Picchu »)

Vue traditionnelle (avec derrière les ruines, le pic dénommé « Wayna Picchu »)

Vue depuis le Wayna Picchu

Vue depuis le Wayna Picchu

Au terme d’une journée passée à flâner dans ce dédale de coursives, il est désormais temps de retrouver le monde contemporain. Du moins pendant quelques heures…
En effet, après une petite nuit de repos à Cuzco, c’est à bord d’un bus couchette (moyen de transport très développé en Amérique du Sud) que je rejoins, le lendemain, la ville de Nazca et ses « lignes » classées au patrimoine mondial.

Les géoglyphes de Nazca

Les géoglyphes de Nazca

Si les questions relatives au Machu Picchu sont nombreuses et demeurent pour le plus souvent sans réponse précise (vocation ? construction ? durée des travaux ?,…), il semble en être de même pour ces figures tracées à même le sol, dans un décor lunaire où un désert aride a supplanté la végétation abondante qui entoure la cité inca.

Et la première péripétie de cette étape se déroule à la descente du bus. En effet, un individu m’y attend avec un panneau indiquant le nom de l’auberge que j’ai préalablement pris soin de réserver. Sans doute éreinté par les précédents jours, et malgré le fait que j’ai eu vent de ce genre de pratiques, je grimpe dans son véhicule.
Et dix minutes plus tard, c’est devant un établissement au nom totalement différent, que s’arrête mon taxi… Après lui avoir expliqué que ce n’est pas de celui-ci qu’il s’agit, et après qu’il soit allé se faire payer la course par le propriétaire (après tout, lui a bien accompli sa mission), il me dépose finalement, et gratuitement, devant la bonne porte. N’oubliant pas, au passage, de me laisser ses coordonnées si je venais à avoir besoin de ses services pour visiter les environs.

Ayant pris mes quartiers, et dans la continuité de mes expériences précédentes, vient le moment d’une première découverte de la ville et la récolte des informations qui me permettront d’organiser mon séjour et mes activités ; le survol en avion de « las lineas » constituant bien évidemment l’objectif principal.

Arrivé à l’office du tourisme, sous une chaleur accablante, la personne présente me conseille de me rendre directement à l’aéroport.

A l’intérieur du hall, une dizaine de compagnies proposent des vols. L’une d’entre elles m’indique un prix intéressant. En effet, étant seul, je leur permettrai de compléter un avion de quatre places qui n’avait trouvé que trois passagers.
Rendez-vous est donc pris pour le lendemain.

Après une bonne nuit de repos, enthousiaste et ayant pris soin de ne pas trop manger, me voici embarqué à bord d’un CESNA. Si d’un point de vue technique, le décollage semble parfaitement exécuté, le vrombissement du moteur et les bruits de la carlingue me laissent pour le moins circonspect…

Cependant, très rapidement, les lignes apparaissent et j’en oublie mon appréhension !

L'astronaute

L’astronaute

Le colibri

Le colibri

Et encore plus rapidement, les embardées du pilote finissent d’évacuer toutes mes inquiétudes… je suis désormais totalement concentré sur mon estomac qui n’apprécie que modérément que le pilote incline fortement l’avion afin que tous les clients puissent profiter des meilleurs angles de vue.

« Action-Réaction » : Je range mon appareil photo, déplie le sachet plastique prévu à cet effet et m’attache à mettre en pratique quelques exercices de respiration.

A la descente de l’appareil, et en dépit d’une température toujours très élevée, j’ai pourtant la sensation de n’avoir jamais respiré un air aussi frais !!

Un peu tourneboulé, je décide d’aller le lendemain contempler les fameuses courbes depuis une tour métallique, fixe, surplombant trois figures. Si la vue n’est pas aussi majestueuse, je m’y sens tout de même beaucoup plus à mon aise.

L'arbre

L’arbre

C’est au troisième jour que je quitte Nazca pour ce que je sais être mon dernier grand trajet de bus en Amérique du Sud. Destination Lima, la capitale du Pérou.

Débarqué de nuit, un vendredi, l’image qui me saisit est à l’opposé de celle que je pouvais attendre. En ayant choisi une auberge située dans le quartier touristique de cette immense capitale, je ne m’attendais pas à voir des lamas dans des bidonvilles. Mais je n’avais pas non plus imaginé voir défiler sous mes yeux des dizaines de casinos… déconcertant ! Mais finalement en adéquation avec l’état d’esprit sud-américain où tout doit être considéré comme possible et envisageable !

La prochaine échéance importante de mon périple débutant le lundi suivant, je profite du week-end pour visiter le centre-ville et les quartiers adjacents.
Plus à l’image de ce que j’imaginais, je découvre alors une autre facette du Pérou, influencée par les conquistadors espagnols.

Lima, quartier Barranco

Lima, quartier Barranco

La place d'armes

La place d’armes

Le coeur historique de Lima

Le coeur historique de Lima

Un peu plus loin, derrière le Lima « touristique », c’est un spectacle plus austère qui s’offre à mes yeux…

A flanc de montagne...

A flanc de montagne…

Une réalité bien plus effarante ! Le quotidien de millions de péruviens !

Et c’est dans ce contexte que le lundi 1er avril, je quittais Lima à destination de Cieneguilla, un village situé à vingt kilomètres, où j’allais intégrer, pour les trois prochaines semaines, le CIMA, un foyer d’accueil pour jeunes.

Structure créée à la fin des années 80, ce centre accueille près de quatre-vingt garçons en difficultés, âgés de 6 à 18 ans.

Au final, en dépit de tout ce que j’ai eu le privilège de vivre et de voir durant mon périple, c’est bien cet épisode qui m’aura le plus marqué. A l’heure de rédiger ces lignes, il m’est difficile de trouver les bons mots pour décrire ce que j’ai vécu et ressenti, sans tomber dans le « pathos »…
Mais en y réfléchissant bien, si le passé de ces adolescents est lourd, les souvenirs que je garde sont pour la majorité de grands éclats de rire, ou de simples moments de partage, comme ce chemin effectué tous les matins pour accompagner ceux scolarisés jusqu’à leur collège.

Sur le chemin du collège

Sur le chemin du collège

Pour ceux arrivés plus récemment, et qui n’avaient donc pas pu être inscrits, la journée était, elle, rythmée par des ateliers : technologie, agriculture, musique, confection, cuisine ou encore initiation à l’informatique. Le tout, agrémenté pour tous, de sessions footballistiques et ce, à tout heure du jour.

C’est dans ce cadre, où je me montrais plus à mon aise dans les activités sportives et agricoles, que je m’intégrais à mon nouvel environnement.

Une confiance réciproque s’étant instaurée, nourrir les 500 cochons d’Inde (spécialité culinaire péruvienne) de l’élevage devenait alors plus qu’une simple tâche. C’est à ces moments par exemple que Margial, âgé d’une quinzaine d’années, prenait le temps de se confier sur sa jeunesse passée dans les rues, à marauder pour se payer ses doses de drogue.
En état de manque, ce dernier, après avoir résisté au mieux (il ira jusqu’à se scarifier), quittera le foyer trois jours après mon départ pour retrouver son quartier, ses amis et ses habitudes… Un épilogue difficile pour tous ceux qui avaient aidé ce jeune. Mais une issue malheureusement prévisible quand on sait qu’il avait commencé à « sniffer » de la colle de cordonnier à l’âge de six ans… comme beaucoup d’autres enfants des bidonvilles de ce pays.

Se droguer à six ans… Pourquoi ? Une question à laquelle le gouvernement péruvien devra trouver une réponse et surtout des solutions dans ce pays où les moins de 14 ans représente 30% de la population (à titre de comparaison, en France, selon l’INSEE, les moins de 20 ans représentent 25% de la population).

Margial

Margial

Autre personnage qui m’aura marqué : Roberto, cet adolescent débarqué le même jour que moi, et qui, en guise de bonjour, m’accostait chaque matin à grands coups de « Carga me ! Carga me ! » (= Porte moi ! Porte moi !)

Roberto à l'atelier technologique

Roberto à l’atelier technologique

Sauvé in-extremis alors qu’il avait contracté une pneumonie, j’ai été marqué par ce jeune. Outre mes reins, peu habitués à se réveiller en portant un gaillard de bon matin, j’avais été surpris quand il était venu me demander comment il pouvait retourner à Lima. Après avoir vécu trois ans dans la rue, et alors que l’opportunité lui était offerte de se reconstruire ici, au CIMA, il préférait rejoindre SA rue…
Un peu plus haut, j’utilisais le terme « surprise ». Ce n’en était pas foncièrement une… Plutôt une réalité difficile à admettre. Et encore des questions ! Comment cet enfant, de surcroit un peu retardé mentalement, si vulnérable, pourrait s’en sortir ? Combien de temps ?,…

Ayant appris à le connaitre, je m’entretenais régulièrement avec le fondateur du centre à son sujet ; lui faisant part de ses velléités de départ ; lui demandant de l’adjoindre à un atelier où il serait particulièrement encadré,…

Personnellement, si je partageais volontiers le quotidien de ces adolescents, j’avais décidé de garder une certaine retenue dans mon implication. En effet, pour moi, cette situation était une étape. On peut y accoler tous les adjectifs que l’on jugera appropriés : « bouleversante », « marquante », éprouvante », « enrichissante »,… au final, ce n’est qu’une expérience de trois semaines. Alors que pour tous ces petits, il s’agit là de leurs vies ! Leurs passés, leurs présents et, pour partie, leurs avenirs !
D’où ma volonté d’être à leurs côtés, mais pas omniprésent car c’est à chacun d’entre eux, soudé avec ses camarades d’infortune, et guidé par leurs éducateurs, qu’il appartient de faire les bons choix et les efforts nécessaires.

Au terme de mon séjour au centre, et malgré que j’ai pris l’habitude des « au-revoir », c’est le cœur lourd que je quittais tous ces « chicos », la tête remplie de formidables souvenirs, comme par exemple cette randonnée sur le pic situé au-dessus du CIMA.
L’ascension, dangereuse, avait été interdite par le responsable. Pourtant, c’est lui-même qui nous autorisait, avec Massimo, un autre bénévole français, et un des encadrants, à y aller avec quelques enfants volontaires. Rapide, mais particulièrement abrupte, cette épopée restera comme l’une des plus mémorables de cette année écoulée, aux quatre coins du monde !

Moment privilégié, sensation de bien être

Moment privilégié, sensation de bien être

De retour à Lima, je profitais de mes derniers instants face au Pacifique, cet océan qui, quelques mois plus tôt me semblait tellement loin, bordant seulement les extrémités de la planisphère m’ayant servi à planifier mon aventure.

Sous les sunlights des tropiques!

Sous les sunlights des tropiques!

Le surlendemain, en embarquant sur le vol qui devait m’emmener à New York, une légère mélancolie s’emparait de moi.
A l’aube de terminer mon voyage, à la veille de rejoindre les USA et le Canada, à quelques heures de retrouver une civilisation et des normes dites occidentales, le moment était venu de dire à nouveau au-revoir. Cette fois-ci, à un continent sud-américain qui m’avait réellement séduit par la variété de se décors, par la richesse de son histoire, par la multiplicité des cultures ainsi que par l’état d’esprit « vivifiant » de ses populations.
« Mieux que l’Asie ? », « Moins bien que l’Océanie ? »,… Comment situer sur l’échelle de mon vécu personnel cette épopée en Amérique du Sud ? C’est une réflexion à laquelle il m’est arrivé de penser ; le type de questions que l’on me pose souvent.
Difficile d’établir un classement par rapport à ce que j’ai pu vivre précédemment. Et je pense que de toute façon l’essentiel n’est pas là !

Proust avait écrit « Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. »
Et c’est je crois, la plus belle chose qui m’ait été offerte de vivre pendant cette aventure.
A chacune de mes étapes, j’ai pris soin de considérer les Hommes, la Nature, les monuments,… j’ai pris le temps d’écouter, d’essayer de comprendre et finalement, dans des contextes bien souvent aux antipodes de ce qu’avait été mon quotidien pendant 28 ans, j’ai appris à découvrir !En évitant les jugements, sans préjugé, sans attendre quoi que ce soit, j’ai ainsi pu m’acclimater, profiter de ce qui m’arrivait et apprécier, à leurs justes valeurs, les divers évènements qui auront ponctué ce voyage.

Un voyage qui me menait désormais à New York ! J’étais fin prêt à croquer la grosse pomme à pleines dents !
Et tandis que s’installait une légère exaltation, à l’idée de déambuler dans cette mégalopole qui me paraissait à la fois si familière et pourtant diamétralement opposée à tout ce que je pouvais connaître, d’importantes turbulences secouaient l’avion et me sortaient de mes rêveries !

Jusqu’alors, l’ensemble de mes trajets s’étaient déroulés paisiblement. Là, après avoir littéralement fait un bond de mon siège, mon enthousiasme était quelque peu refroidi. Les cris des autres passagers et les prières de ma voisine ne favorisant pas l’instauration d’un climat de sérénité…
En visualisant mentalement le plan de vol, je nous imaginais, à tort, exactement au-dessus du « Triangles des Bermudes »… Alors que mon subconscient faisait resurgir les légendes entourant cette zone, et tandis que ma voisine poursuivait ses implorations, la voix du commandant de bord vint nous rassurer en annonçant la fin des perturbations.

Quelques heures plus tard, et après une correspondance en Floride, la voix du nouveau pilote annonçait, avec un accent très américain : « New York ».
Instantanément, je relevais le cache du hublot et profitais de la vue magnifique sur cette ville, en habits de nuit.

J’avais déjà pu observer des grattes ciels. A Hong Kong par exemple ! Mais là, j’étais encore plus ébahi, l’imaginaire jouant certainement aussi son rôle dans ma façon de percevoir cet ensemble.

Loin d’être un inconditionnel de ce type de marques humaines, je restais toutefois subjugué devant ces abruptes falaises vitrées !

Les jours suivants me maintenaient dans la même dynamique. Et malgré un coût de la vie irrémédiablement supérieur à mes moyens (25€/jour), je me débrouillais pour profiter pleinement de cette semaine :
– promenade dans Central Park
– traversée gratuite à bord d’un ferry, à proximité de la Statue de la Liberté (l’édifice et Ellis Island n’étant pas accessible du fait de l’ouragan Sandy qui avait balayé cette région fin octobre 2012)
– contempler, d’un œil plus ou moins sceptique, les œuvres du MOMA (Museum Of Modern Art) gratuitement (tous les vendredis, entre 16h et 20h).
– déambuler sur Broadway, Times Square,…
visiter, en groupe, les quartiers de Soho, China Town ou Little Italy, en bénéficiant des explications d’une new yorkaise retraitée (et rémunérée au pourboire).
– arpenter le quartier de Brooklyn et en photographier le fameux pont du même nom
– se rendre au siège de l’ONU

Welcome to USA!

Welcome to USA!

In New York!

In New York!

China Town

China Town

Depuis Central Park

Depuis Central Park

D’autres activités se révélaient, elles, payantes : assister à un match de baseball de l’équipe des Yankees, grimper au sommet du Rockefeller Center et y admirer le tout Manhattan,…

NY by night

NY by night

Au terme d’une semaine riche et intense, je prenais la direction du Canada, et plus exactement Niagara, ville célèbre pour ses chutes, l’une américaine, l’autre canadienne.

Les chutes "américaines"

Les chutes « américaines »

Les chutes "canadiennes"

Les chutes « canadiennes »

Arrivé de nuit, j’étais immédiatement saisi par les centaines de néons qui indiquaient ici et là des hôtels, des casinos, des chaînes de restauration,…
Moi qui avais imaginé ce lieu comme étant un sanctuaire où s’exprimait la pleine puissance de la nature, j’étais totalement déconcerté par la mainmise de l’Homme sur cet environnement…

Et au milieu coule... une avenue commerciale...

Et au milieu coule… une avenue commerciale…

Deux jours plus tard, je rejoignais Montréal, dernière étape avant mon retour sur le vieux continent.

Montréal, capitale de la Province du Québec

Montréal, capitale de la Province du Québec

Là, je retrouvais Meï, une jeune canadienne rencontrée en Mongolie ainsi que Félicia et Guillaume, un couple croisé sur la côte ouest australienne. Accompagné de mes trois guides, je ne pouvais garder qu’un excellent souvenir de cette contrée francophone d’Amérique du nord où j’étais d’ailleurs surpris par la mise en avant et la farouche défense de notre bonne vieille langue de Molière.
Ainsi, dans la continuité d’une loi faisant du français la langue officielle de la province québécoise (loi 101), l’Office québécois de la langue française n’a pas hésité, récemment, à exiger que les marques francisent leurs enseignes (ou ajoutent des mots français à leurs dénominations)… 

Si certaines refusent de céder à cette injonction, d’autres ont accédé à cette requête et, en lieu et place de KFC, célèbre chaîne de restauration rapide (j’aurais pu employer le terme de fast-food, mais dans le contexte de ce paragraphe, un terme francophone semble plus adapté !), on trouve désormais l’enseigne PFK (Poulet Frit à la Kentucky)…

Avant...

Avant…

...après

…après

Au matin du 9 mai 2013, après une escale par Londres, j’arrivais à l’aéroport de Béziers où m’attendaient mes parents. Le cœur battant la chamade, je me rappelle m’être interrogé sur ma capacité à me ré-acclimater à une vie plus structurée, plus routinière ; de nombreux témoignages m’ayant prévenu que le retour constituait finalement la partie la plus délicate de ce type d’aventure.
Mais durant toutes les étapes de mon voyage, j’avais gardé en mémoire ce qui m’avait incité à tenter cette escapade au long cours : apporter une valeur ajoutée à mon profil, et ce, dans la perspective de trouver un emploi qui me permette de m’épanouir ; un emploi où gestion et communication tiendront une place importante et enfin, un emploi dans lequel responsabilité et polyvalence seront deux qualités nécessaires pour mener à bien les missions qui me seront confiées.

Et c’est désormais mon nouveau défi !!

PS : Un grand merci à toutes les personnes qui m’ont aidé à réussir mon entreprise !
Les personnes rencontrées bien évidemment, mais aussi et je serai tenté de dire « surtout », celles restées au pays ; à savoir la famille, les amis ainsi que toutes ces personnes qui m’ont appuyé (l’équipe de l’émission radio « Allo la Planète », les membres de l’association « Cœur de Fôret », les correspondants de l’Indépendant,…) et dont le soutien, via ce blog, via des mails, via Skype,… m’ont permis d’avancer plus sereinement durant cette année autour du monde.
Un merci également aux enfants de la classe de CM1 d’Espira de l’Agly, qui m’ont attentivement suivi durant ces douze mois, pour le formidable accueil qu’ils m’ont réservé lors de ma visite au cours de laquelle j’ai pu leur présenter les photos de mon aventure et répondre à leurs interrogations, savant mélange de fascination, d’exaltation ainsi que de quelques craintes (notamment lorsqu’il était question de serpents, araignées et autres crocodiles).

Article journal juillet 2013

Article journal juillet 2013

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En association avec « Cœur de Foret »!

Au sortir d’un superbe séjour dans le Sud Lipez, c’est la tête pleine d’étoiles que j’embarque pour un nouveau trajet de 12h de bus qui m’amène à La Paz, ville qui contrairement à ce que l’on aurait tendance à penser, n’est pas la capitale de la Bolivie (il s’agit en fait de Sucre).

Si le  trajet se fait de nuit, l’état de la route, qui nous fait réellement bondir des sièges, ne fait que confirmer le retard de ce pays (pourtant riche en ressources naturelles) au niveau des infrastructures!
Arrivés à destination, nous nous retrouvons bloqués par des manifestations pour l’emploi… Ici aussi…

Ça bouchonne!

Ça bouchonne!

Du coup, c’est à pied que nous traversons la zone. Dans la foulée, nous grimpons dans des « vans taxis », venus en masse, pour récupérer les « naufragés » des divers bus et taxis.

Alors que je m’apprête à payer, la personne, chargée d’encaisser les sommes dues, me demande de payer double : ma place et celle de mon sac… Je suis surpris. Et les autres usagers, boliviens, qui ne sont pourtant pas concernés, le sont tout autant.
Un policier et sa femme, irrités par ce comportement, insistent pour régler eux même la « place du sac »…

Après un nouveau transit en van (et une nouvelle crevaison : la seconde en moins d’une semaine depuis mon arrivée dans ce pays), j’arrive à Coroïco, un village de 2500 âmes, situé dans une zone faisant la transition entre la Cordières des Andes et la forêt Amazonienne.

Coroico

Coroico

Chef lieu du secteur, c’est de là que je récupère un énième véhicule qui m’emmène au refuge « Senda Verde » où je rencontre Mélodie, la chargée de missions de Cœur de Forêt, une association qui travaille à la préservation de la biodiversité, à la reforestation et qui forme les populations locales à l’exploitation durable des écosystèmes qui les entourent.

C’est donc ici que va se concrétiser mon projet de compenser les émissions de CO2 générées par mes vols d’avions ; une entreprise initiée quelques mois plus tôt, et qui n’aurait pu se réaliser sans les contributions de la famille, des amis et autres lecteurs du blog qui ont financé les 45 arbres que je m’apprête désormais à planter.
J’en profite d’ailleurs pour remercier toutes les personnes qui m’ont permis de mener à bien cette initiative, riche de sens!

Et le lendemain de mon arrivée, je prends la direction de Tocana, un petit village composé de quelques maisons.
C’est avec les enfants de l’école de cette communauté que le jour suivant, nous planterons les végétaux.

L'unique classe du village

L’unique classe du village

Et comme convenu, au troisième jour de mon séjour dans cette contrée bolivienne, accompagné de Mélodie, de Marisol son alter-égo local, de Perrine et Thibault, un couple français bénévole, nous rejoignons le village où, aidés des enfants, nous allons donc mettre en terre les 45 arbres, certains forestiers, d’autres fruitiers.

Pour chacun d’entre eux, Mélodie relèvera les coordonnées GPS afin qu’ultérieurement soient établis des certificats, précisant la position exacte de chacun d’eux, qui seront remis aux enfants d’une classe de l’école d’Espira de l’Agly qui suit mon aventure depuis mon départ.

D’ailleurs, bien au delà de l’acte, au delà de la compensation des émissions de dioxyde de carbone provoquées par mes déplacements en avion, c’est l’action de sensibilisation de ces petits, français et boliviens, qui donne plus de sens à cette initiative.

Je n’ai pas la prétention que demain, tous respectent l’environnement et se comportent en expert du recyclage.
Pour les enfants d’ici, je n’ai pas non plus grand espoir qu’aujourd’hui ils puissent changer quelque chose au fait que les parcelles de coca prennent de plus en plus de place, au détriment des vergers traditionnels…

Plantation de coca

Plantation de coca

En effet, dans ce pays, le plus pauvre d’Amérique du Sud, où une partie significative des infrastructures existe du fait de l’aide de l’Union Européenne ou des USA, difficile d’expliquer à des gens qui « vivent » au jour le jour, dépendants des conditions météorologiques, qu’il serait préférable de privilégier la culture de fruits plutôt que celle de la coca.

Un pays dépendant des aides des USA, de l'UE ou encore du Vénézuela

Un pays dépendant des aides des USA, de l’UE ou encore du Venezuela

Pour comprendre leurs raisons, deux données simples : lorsqu’un pied de coca est planté, on obtient une récolte dès la première année! Et au bout de cinq ans, on peut faire jusqu’à quatre cueillettes par an… Quid des orangers ou autres…?

Opération de séchage des feuilles de coca

Opération de séchage des feuilles de coca

Mais malgré ce constat, malgré ce défi, peut être perdu d’avance, j’ai envie d’espérer!

Tout d’abord, concernant nos petits français, je veux croire qu’une partie d’entre eux fera plus attention. Tous certainement laisseront un jour tomber un papier de leur poche et n’auront pas envie de courir pour le ramasser. Cela nous est arrivé à tous! Même à moi, c’est pour dire…

Mais au final, je suis certain qu’en connaissance de cause, beaucoup réfléchiront et feront plus d’efforts. Et si comme le dit l’adage, « les petits ruisseaux font les grandes rivières » alors…

Idem en Bolivie!
Qui plus est, cette initiative vient s’intégrer dans un projet plus vaste mené par Cœur de Forêt et qui a pour objectif de véritablement sensibiliser les communautés, de former les locaux (notamment Marisol, l’assistante de Mélodie) et de leur donner des moyens pour que s’installent durablement certaines façons de penser, certaines pratiques,…

Et quand je me remémore les premiers reportages télévisés présentant la mise en place de « poubelles jaunes » en France, il y a plusieurs années en arrière, je me dis que ce genre d’actions peut être utile!
Communiquer, critiquer, dénoncer sont nécessaires pour faire avancer.
Penser, proposer des solutions et agir le sont au moins tout autant…

Et le fait d’avoir pu prendre part à cette action, ici en Bolivie, est une fierté personnelle.
Et ce d’autant plus que si mon aventure peut présenter des aspects « solitaires », j’ai vécu cet épisode comme un moment de partage. En effet, c’est grâce au soutien des donateurs, grâce au professionnalisme de « Cœur de Foret » et avec l’enthousiasme des enfants que toute cette action a pu voir le jour et être menée à bien!

Le jour J arrivé, et après un petit retard à l’allumage du fait du taxi (c’est un peu ça en Amérique du Sud, l’heure est plus un concept qu’une réalité), nous rejoignons notre nouveau terrain de jeu.

Et c’est donc en compagnie des enfants, et d’un professeur plus motivé que jamais, que nous nous employons à planter les 45 plants.

Instant de partage avec Perrine

Instant de partage avec Perrine

Thibault en plein travail

Thibault en plein travail

Avec le professeur!

Avec le professeur!

Peu à peu, fatigués, certains jeunes s’éclipsent discrètement pour vaquer à de nouvelles occupations, moins éreintantes (et un peut être un peu plus ludiques…).
Mais je suis satisfait car tous ont participé à la plantation dont ils devront désormais s’occuper.

Quand à Mélodie et Marisol, elles reviendront régulièrement pour vérifier que tous les arbres se portent bien! Un travail de fourmi pour un duo que j’ai perçu comme véritablement dévoué à sa mission!

Et je profite de ces dernières lignes pour les mettre en avant.

D’un coté, Mélodie, la française ; de l’autre la discrète et tout aussi compétente Marisol qui, pour moi, symboliquement, tient dans ses mains une partie de l’avenir de son pays.
En effet, c’est avec des personnes comme elle, averties et déterminées, que la Bolivie pourra améliorer sa situation!

Mélodie, la chargée de mission française

Mélodie, la chargée de mission française

Marisol, l'accent bolivien du duo

Marisol, l’accent bolivien de ce duo de choc

De retour aux affaires : Episode 3 (un coin de Bolivie)

Mon séjour en Argentine achevé, place désormais à la Bolivie!

Et c’est au terme d’un trajet de douze heures (une broutille comparé aux cinquante quatre de l’article précédent) que je rejoins la frontière.

A la descente du bus, je fais la connaissance d’un couple de français : Mélinée et Julien.
Après avoir franchi le poste de douane à pied, nous nous engouffrons dans un van en partance pour rejoindre Tupiza, un village situé dans la province du Sud Lipez, dans le sud ouest bolivien.

Alors que je n’avais pas prévu de m’attarder dans les parages, mes deux nouveaux camarades arrivent à me convaincre de prendre part à un tour organisé. Le programme exposé est alléchant. L’espace d’un instant, je me demande s’ils ne font pas partis de l’agence qui organise le séjour… Mes soupçons sont levés lorsque je les entends parler espagnol… ou alors ils poussent le vice très loin… (ils apprécieront…)

Les contrées visitées affichant des hauteurs « légèrement » plus élevées que les 2785 mètres de mon Canigou, on nous conseille fortement d’acheter des feuilles de coca.

Quelque peu perplexe, les locaux m’assurent que sous sa forme naturelle, sa consommation n’est en rien dangereuse, qu’il s’agit d’un antidote très efficace contre le mal des montagnes et que cela a la faculté d’aider à la digestion ; ce qui n’est pas anecdotique d’après les explications que l’on me fournit. En effet, avec l’altitude et la raréfaction de l’oxygène, le corps concentre ses efforts sur les fonctions vitales dont ne semble pas faire partie la digestion… Très attentif à la problématique de la nourriture et de son assimilation, c’est un argument qui fait définitivement pencher la balance. Et dans les minutes qui suivent, et pour 0,50€, je deviens l’heureux propriétaire d’un imposant sachet de feuilles de coca, que je partage avec les deux français.

Et le lendemain, me voilà en route pour un road trip de quatre jours.

Comme annoncé, très rapidement, on prend de la hauteur ! Et les paysages s’avèrent eux aussi… à la hauteur !

La province du Sud Lipez : à découvrir!!

La province du Sud Lipez : à découvrir!!

Si la veille, lors de mon inscription, la principale inconnue concernait l’identité de mes compagnons de voyage, le voile est désormais levé !
Outre Jorge le conducteur, qui fera aussi office de guide, je partage mon véhicule avec l’australien Martyn et les deux israéliens, Schmaya et Ori.

Un autre véhicule fera la route avec nous. Et, hasard ou pas, Mélinée et julien font partis de ce convoi, en compagnie de deux anglaises, Rajnika et Cotty.

Une fine équipe me semble-t-il… Et j’en ai la confirmation lorsque j’apprends que les trois « loustiques » qui m’accompagnent ont opté pour un guide parlant uniquement l’espagnol alors qu’ils n’entendent rien (ou presque) à cette langue… De fait, ils me demandent de leur traduire en anglais les explications données par Jorge ! Tout un programme ! Et j’avoue avoir apprécié l’expérience, notamment lors de certains moments propices à la rigolade où je m’accordais quelques libertés d’interprétation…

L'agence tous risques?

L’agence tous risques?

A plus de 4000 mètres d’altitude, et malgré que Jorge nous ait appris à « chiquer », ma première soirée se révèle compliquée. J’ai l’impression d’avoir une troupe irlandaise s’exerçant aux claquettes dans ma petite tête !

Le deuxième jour, un peu plus acclimaté, tout se passe bien et j’ai tout le loisir de pouvoir profiter des paysages qui s’offrent à nous.

Tout en nuance!

Tout en nuance!

Jolis et de plus en plus variés !!

Au dessus d'une poudrière!

Au dessus d’une poudrière!

 

Fascinant!

Fascinant!

 

Relaxant!

Relaxant!

 

Pour le plaisir des yeux!

Pour le plaisir des yeux!

A l’aube du troisième jour, c’est avec un magnifique lever de soleil que nous débutons cette journée.

Comme dans un rêve!

Comme dans un rêve!

Et aujourd’hui encore, les décors sont splendides ! Et je suis une nouvelle fois surpris par leur diversité : l’ensemble qui nous est donné d’admirer depuis le départ se situant à plus de 4000 mètres (avec une pointe à 5000), et étant distant de seulement quelques kilomètres.

Un arbre en pierre

Un arbre en pierre

 

Paisible

Paisible
Le Paris-Dakar en Amérique du Sud...?!

Le Paris-Dakar en Amérique du Sud…?!

 

A consommer sans modération!

A consommer sans modération!

Le soir, arrivés à la ville d’Uyuni, nous sommes tout heureux de rejoindre une vraie auberge, pour une courte nuit, qui nous sépare de ce que l’on pourrait qualifier de « clou du spectacle » : le Salar d’Uyuni !

Et c’est ainsi qu’au petit matin, à une heure où les coqs dorment encore profondément, nous rejoignons ce désert, vaste étendue de 12 000 km², recouverte de sel et située à 3650m d’altitude.

Pas l'ombre d'un coq à l'horizon...

Pas l’ombre d’un coq à l’horizon…

 

Une plage de sel...sans fin!

Une plage de sel…sans fin!

Du fait de son immensité, cet endroit est notamment réputé pour les photos amusantes qui peuvent être prises en jouant sur les perspectives.
Et les membres de la fine équipe qui m’accompagnent ont prévu le coup…

Partie d'échecs

Partie d’échecs

 

Des faux airs de Gargamel

Des faux airs de Gargamel

Et dans cet environnement où le temps semble s’être arrêté et où un sentiment de liberté éternelle  prédomine, des ailes me poussent!

Il ne laissera plus trainer ses fils n'importe où!

Il ne laissera plus trainer ses fils n’importe où!

De retour aux affaires : Episode 2 (Traversée de l’Argentine)

Après mon expérience au parc de Torres del Paine, et alors que j’avais initialement prévu de remonter le Chili, je décide finalement de revenir aux pays des Gauchos, l’Argentine.

Première étape : El Chalten, un petit village servant de porte d’entrée au parc national de « Los Glaciares », en Patagonie (zone qui se partage entre le  Chili et l’Argentine donc).
Au programme, lacs, glaciers et montagnes!

El Chalten, capitale nationale de la randonnée

El Chalten, capitale nationale de la randonnée

Quelque peu fatigué par mes dernières semaines, je décide de prendre mon temps.
La première  matinée est donc consacrée à la découverte de ce petit village et à l’obtention d’informations sur les sorties possibles.

En début d’après-midi, je prends le parti de réaliser une petite promenade qui m’a été conseillée. Un petit décrassage en quelque sorte.
Finalement, m’étant trompé de ligne en consultant le document distribué par l’office du tourisme, je me retrouve sur une  vraie randonnée, de plusieurs heures…

Des vues prenantes!

Des vues prenantes!

Encore...

Encore…

... et toujours!

… et toujours!

De retour à l’auberge, je fais connaissance de deux papis argentins concentrés sur un match de football. Une vraie religion ici!

Après une douche salvatrice et alors que je m’apprête à partir manger, mes deux nouveaux compagnons insistent pour que je partage leur repas.
Et ils se font alors un malin plaisir de m’apprendre quelques mots et expressions quelque peu familières… pour le plus grand plaisir des propriétaires de l’auberge, tout sourire!!

Duo de choc!

Duo de choc!

Le lendemain, nouvelle randonnée au programme. Là encore, de jolis décors avec en fond cette  fois le Fitz Roy, un sommet qui culmine à plus de 3400 mètres.

Le Fitz Roy

Le Fitz Roy

Mon séjour à El Chalten achevé, je prends un bus pour monter « plus » au nord. Un véritable grand écart en l’occurrence!
On connaissait « Pékin Express », me voici lancé dans « Argentine Express »!!

Après deux premiers trajets de trois heures, entrecoupés d’une pause, je m’apprête à vivre une expérience à part entière : rejoindre Salta, une ville située au nord, depuis Rio Gallegos, une cité située, elle, bien au sud… 3500 kilomètres d’une traite… 54h de trajets avec quelques pauses d’une durée maximum de 30 minutes…

J’éprouve certaines difficultés à l’heure de qualifier cette péripétie… « Abrutissant » me semblant tout de même le terme le plus approprié…
Mais comme le dit le proverbe, « A vivre, on apprend toujours quelque chose! »

Au terme de mon chemin de croix, me voici débarqué en pleine nuit à Salta! Et après une rapide course en taxi, c’est tout heureux que je prends possession de mon couchage, constitué d’un véritable matelas!!

Au petit matin, je pars me perdre, comme j’aime à le faire, dans les petites rues de cette ville.
Sans doute encore un peu émoussé, je me plais à me glisser dans la peau d’un local…

Cela reste entre nous...

Cela reste entre nous…

Si mon aventure est extraordinaire et que je m’y sens vraiment bien, j’avoue ressentir une certaine fatigue physique et une petite usure mentale.

Et la conséquence est que désormais, j’ai beaucoup moins d’allant pour dénicher les bons plans,…

De fait, j’intègre un tour organisé.

Intéressant, on y apprend beaucoup plus que lorsque l’on découvre seul.
Mais ce qui me marque le plus, c’est l’évolution du décor.
Si  j’en avais pris conscience durant mes 54 heures de bus, j’ai bien la confirmation qu’on a totalement changé de paysages!
La neige et les glaciers ont laissé la place à des terres plus arides et aux cactus! Et ce sont ces derniers qui retiennent mon attention!!

J’ai l’impression de me retrouver au cœur des westerns qui ont bercé mon enfance!

"Dans le monde, il y a des cactus..."

« Dans le monde, il y a des cactus… »

Et les villages que nous traversons ne font que confirmer cette impression, malgré des traces évidentes de modernisme, et tout en sachant que cette « authenticité » est aussi construite pour séduire le touriste…

D'époque!?

D’époque!?

Au retour de cette journée, bien remplie et pleine d’enseignements, je ne traîne pas, récupère mes affaires et rejoins un nouveau bus…

Cette fois, direction la Bolivie!!

De retour aux affaires : Episode 1 (Torres del Paine, Chili)

Après une longue absence,  me voilà de retour pour vous faire partager mon passé récent et quelques clichés pris ici et là, depuis la Patagonie jusqu’au Machu Picchu.

A un mois et demi de la fin de mon aventure, je profite d’un moment de repos afin d’essayer de vous faire partager mes dernières aventures, avec moins de texte, moins de réflexion personnelle, peut être plus de fautes, mais je l’espère plus de photos et de réactivité.
C’est ainsi que l’on saute la fin de la Chine, l’Australie, la Nouvelle Zélande et le début de mon aventure en Amérique du Sud pour nous retrouver directement au parc national de Torres del Paine, en Patagonie chilienne, où je m’étais rendu afin d’y réaliser un bénévolat.

Objectif : aider l’association « AMA Torres del Paine » qui gère une partie de l’entretien du parc et travaille aussi au développement du recyclage des déchets.

Au programme de ces quinze jours de volontariat : travail du bois, aménagement de sentiers, de ponts, fabrication et pose de panneaux d’informations, cours de français au personnel du camping, accompagnement d’une équipe de scientifiques étudiant le condor, animation d’ateliers de sensibilisation aux enjeux du recyclage,…

Préparation de piquets

Préparation de piquets

De la création à la pose!!

De la création à la pose!!

Tout cela, comme vous pouvez vous en doutez, dans un cadre magnifique…

De bon matin...

De bon matin…

Un peu plus tard...

Un peu plus tard…

A la suite de ces deux semaines riches, je partais effectuer le « W », le trekking qui traverse ce site naturel, une des randonnées les plus célèbres d’Amérique du Sud

Là encore, les paysages traversés sont à la hauteur de mon attente, avec une mention toute spéciale pour le glacier Grey, véritablement impressionnant!

Les tours, emblèmes du parc

Les tours, emblèmes du parc

Plus bleu que bleu!

Plus bleu que bleu!

Pour le plaisir des yeux!

Pour le plaisir des yeux!

Devant le glacier Grey, bouche bée

Devant le glacier Grey, bouche bée

Absence bénévolat

Actuellement dans le sud du Chili, je pars pour la parc national de Torres del Paine, à partir d’aujourd’hui, 1er février, pour y réaliser un bénévolat , pendant une quinzaine de jours (trois semaines peut-être)

Ne sachant pas si une connexion internet me sera accessible, je préfère vous informer que je risque de ne pas pouvoir poster de nouvel article durant ce laps de temps.

Julien

Aux portes du Bouddhisme !

Après Xi’an, mon programme m’amène un peu plus au sud : à Chengdu, capitale de la province du Sichuan, au pied du plateau tibétain.

Mais avant de pouvoir fouler le sol de cette agglomération de neuf millions d’habitants, et comme pour chaque déplacement en terre chinoise, j’ai le privilège de pouvoir apprécier à quel point les trains en France sont confortables…

Plus de 1000 kilomètres et seize heures de trajet au menu… de quoi me faire frissonner à mon entrée en gare de Xi’an ! Et j’avoue que c’est le cas ! Mais à 14,50€ le billet, difficile d’être vraiment exigeant…

Et comme précédemment, la prestation est à la hauteur du supplice attendu… Mais cette fois-ci, j’ai droit à un petit bonus. En effet, alors que je commence à m’assoupir, un vendeur ambulant, accrédité, débarque dans notre wagon et commence un show qui ne s’arrêtera que bien plus tard…

Une expérience à vivre au moins une fois !

Brosses à dents, serviettes, appareil pour massage… Tout y passe ! Et malgré que l’argumentaire commercial soit en chinois, je crois bien comprendre que ces produits sont tout simplement exceptionnels et qu’aujourd’hui, et uniquement pour les passagers de ce convoi, il nous est donné de profiter d’un prix imbattable !

N’ayant pas de limite, le vendeur nous propose même une démonstration de son accessoire de massage.
Je me tasse un peu, fais mine de regarder ailleurs, mais c’est trop tard. Il y a déjà belle lurette qu’il m’a repéré. Le seul étranger ici, c’est moi !
Je me prête au jeu sous l’œil amusé de mes nouveaux compagnons de voyage qui ne peuvent se retenir de rire quand, ne comprenant pas les élucubrations de mon interlocuteur, je lève les deux pouces et lance un « YES » universel, suffisamment appuyé, pour confirmer l’intérêt et les bienfaits indéniables de ce formidable instrument ! A la plus grande joie du jeune homme qui, toujours plus enthousiaste, poursuit son spectacle !

J’ai un peu l’impression de rêver ! On se croirait à une foire exposition, mais dans un wagon de train ! Et je repense à ce que je disais dans un précédent article à propos de Mao qui devait trouver sa Chine bien changée…

Il sera d’ailleurs présent en personne pour me souhaiter la bienvenue à Chengdu!

« Ô Mao si tu savais… »

« Ô Mao si tu savais… »

Après avoir déposé mes affaires à l’auberge et m’être un peu reposé, je pars me promener.
En bon occidental, et malgré l’immensité de cette ville, il semble que mon sens de l’orientation m’ait directement guidé dans le quartier où se côtoient grandes enseignes nationales et marques de notoriété mondiale !

« Money, Money, Money ! »

« Money, Money, Money ! »

Plus loin, et alors que je rejoins des quartiers plus résidentiels, je suis tout surpris de découvrir pour la première fois un Carrefour !
Cocorico !

Ça se prononce aussi « Carrefour »…?

Ça se prononce aussi « Carrefour »…?

En tout cas, c’est un plaisir d’y pénétrer pour y faire quatre courses. C’est un peu naïf, mais je me sens un peu plus proche de la maison, même si l’achalandage est bien différent, puisque adapté aux besoins du consommateur local.
Ainsi, les noodles prêtes en deux minutes ont remplacé le cassoulet prêt en trois.
Plus biscornu, la présence de tortues d’eau, vivantes, dans des filets… Cela me procure une sensation étrange, une sorte de malaise. Mais je me dispenserai bien de critiquer. Après tout, en France, avec les escargots ou le foie gras, sommes-nous mieux placés pour juger ?

Par ailleurs, comme j’avais déjà pu le constater dans mes précédentes étapes, la France possède une bonne image de marque. Et si jusqu’à présent ce fait était particulièrement évident pour certains services (hôtellerie, restauration,…) ou des produits plutôt « haut de gamme » (cosmétiques, prêt à porter,…), j’ai l’occasion de constater que les industriels chinois n’hésitent pas à l’utiliser même pour des biens de consommation de masse!

French Touch'

French Touch’

Dans cette ville, c’est aussi la première fois que je fais connaissance avec la célèbre chaîne de magasins américaine : « Wal Mart ». Une référence pour les professionnels du commerce et de la grande distribution : une des plus belles illustrations du capitalisme.
Là aussi, étrange que cette première rencontre se fasse dans ce pays dont l’idéologie dominante est le communisme… Et cela ne fait que conforter cette image paradoxale que j’ai de la République de Chine.

Mais Chengdu, ce n’est pas qu’un grand centre commercial à ciel ouvert ! La ville, et plus largement la région du Sichuan, sont aussi célèbres pour être la terre d’origine des pandas.
Dire qu’on en croise à tous les coins de rue serait légèrement exagéré… et pourtant…

Vrai de vrai ?

Vrai de vrai ?

Chengdu, c’est aussi un véritable patrimoine culturel, avec une foultitude de temples.
En ayant vu des dizaines depuis mon arrivée en Asie, je décide de n’en visiter qu’un, gratuit d’accès (ou presque) et situé à proximité de mon auberge de jeunesse.
Au final, et avec le recul, je crois que c’est celui qui m’aura laissé le plus beau souvenir : un véritable havre de paix, mêlant harmonieusement espaces verts et lieux de culte ! Les exigences et les impératifs de la société moderne se sont arrêtés aux portes de cet endroit où je suis heureux de constater que les générations prennent plaisir à cohabiter. C’est agréable et c’est avec plaisir que je m’y perds durant une bonne partie d’un après-midi, observant avec amusement et respect quelques scènes de vie.

Faites un vœu !

Faites un vœu !

A dada sur... ma tortue !

A dada sur… ma tortue !

 

Même les partitions de musique, c’est du chinois…

Même les partitions de musique, c’est du chinois…

Au sortir de cette « abbaye » bouddhiste, et alors que je serai amené, le lendemain, à poursuivre mes pérégrinations au gré des avenues et des ruelles, je me rends compte que, tout comme à Xi’an, je me sens bien dans cette mégalopole d’où se dégage un équilibre que je qualifierais de « juste ».
Contrairement à d’autres endroits où j’ai pu avoir l’impression que l’on en a rajouté pour séduire le touriste, ici, je ressens la présence d’un vrai passé, authentique, que les contemporains essayent de faire cohabiter avec les besoins de développement de cette capitale régionale.

Impressionnant !

Impressionnant !

 

Décourageant ?

Décourageant ?

Délicat, pas évident, loin d’être gagné en fait, mais je me sens bien dans cet ensemble ! Et j’ai le sentiment que des efforts sont faits…

Pour lui en tout cas, c’est indéniable !!

Pour lui en tout cas, c’est indéniable !!

Parallèlement à ces déambulations citadines, cette halte à Chengdu revête une importance capitale pour mon avenir immédiat au sein de l’Empire du Milieu. En effet, mon visa arrivant à expiration, je suis dans l’obligation d’en obtenir une prolongation, sous peine de devoir quitter le territoire en urgence. Pas vraiment envie d’être un « sans-papier » en Chine…
Dès lors, et assez rapidement, après m’être renseigné sur les documents nécessaires, je soumets ma demande au BSP (Bureau de la Sécurité Publique). Réponse dans 5 jours ouvrés, soit le lundi suivant.

En attendant cette échéance, je me prépare pour une randonnée, sur un mont sacré, à proximité. Après avoir souvent évolué en milieux urbains ces derniers temps, je m’apprête à retrouver la nature et la montagne…